news

Au cœur de la blockchain, la question de l’énergie

Par Fred le 26/04/2018 (Technologie)
0


EXMO affiliate program

La blockchain, et en particulier son porte-drapeau le Bitcoin, est souvent accusée d’être un véritable gouffre énergique, et ce surtout à cause du processus en preuve de travail (proof of work). Le minage des monnaies en preuve de travail requiert en effet des investissements énergétiques massifs, et grandissants. Selon une étude publiée en ligne par Marc Bevand (sur blog.zorinaq.com), l’énergie nécessaire pour le minage du bitcoin est estimée, en janvier globalement, en moyenne à 18,40 TWh/an. Il y un an, cette même moyenne était alors évaluée entre 7,15 et 8,27 TWh/an. Selon un rapport de Morgan Stanley (Bitcoin ASIC production substantiates electricity use, 3 janv. 2018), il s’agit là d’une estimation qui sous-estime largement la consommation. Celle-ci ne pouvant selon eux se trouver sous 23 TWh/an à cette date. Une autre étude, publiée sur digiconomist.net et se référant au Bitcoin Energy Consumption Index, est encore plus alarmante puisque la consommation énergétique aurait été, sur une période similaire d’un an, multipliée par 4 pour fleurter avec les 40 TWh/an en janvier.

Quelle que soit la qualité de ces estimations, une chose reste constante : la progression du besoin énergétique est, et reste, significative, voire alarmante : le Bitcoin Energy Consumption Index affichant fin avril une consommation ayant dépassé les 60 TWh/an… Afin de donner un ordre de grandeur, on peut citer qu’un tel usage énergétique est similaire, dans l’estimation basse de Marc Bevand, à la consommation électrique totale de l’Islande (18,2 TWh/an) ou, dans l’estimation haute du BECI au 23 avril 2018, à la consommation électrique totale de la Suisse (62, 5 TWh/an).

En conséquence, selon une étude réalisée par Crescent Electric Supply Company, en se basant sur le prix moyen de l’électricité par pays, le coût du minage par bitcoin serait, selon le lieu de production, actuellement situé entre 531 dollars (au Venezuela) et 26 170 dollars en Corée du Sud, les Etats-Unis se situant encore dans la moitié inférieure avec 4 758 dollars. Moins bons scores en Europe, où en France, il serait de 7 930 dollars et en Belgique de 13 482 dollars. Et dans les pays qui se rêvent les futurs centres névralgiques de la blockchain ? A Malte, l’estimation le place à 6 079$ ; en Suisse à 7 494$, au Japon à 8 723$, aux Pays-Bas à 9 449$, en Irlande à 11 103$ et au Danemark à 14 275$, idem pour l’Allemagne.

Au final, la question de la consommation énergétique du Bitcoin met en question les modèles basés sur la preuve de travail : vu la croissance rapide de cette consommation, et la croissance conjointe des coûts liés, ce type de processus semble démontrer une limite fonctionnelle qui ne pourrait que bloquer toute utilisation de masse. Cette problématique se doit donc d’être prise en compte, et adressée correctement. Et c’est effectivement le cas. Ainsi, les migrations prévues vers des processus utilisant un protocole de validation en preuve d’enjeu et certains hard forks destinés à alléger le code devraient, à terme, améliorer les choses et permettre un développement plus affiné de la technologie blockchain.

Disclaimer : ce type d'investissements étant hautement spéculatifs, les divers contenus publiés ici ne constituent en rien une incitation à investir, ni une garantie de succès. Prudence donc. Et si vous décidez de vous lancer, ne le faites qu’avec des montants que vous pouvez vous permettre de perdre.

Suivez-nous sur les réseaux sociaux et ne ratez aucune de nos actualités !



laisser un commentaire

Vous devez vous connecter ou créer un compte pour pouvoir publier des commentaires.