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Crypto-monnaies nationales : légitimation ou tentative de récupération ? (1/2)

Par Fred le 09/01/2018 (Législation)
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Décembre dernier, deux pays ont annoncé la création prochaine d’une crypto-monnaie nationale. D’un côté, le Venezuela pense émettre d’ici peu une cryptomonnaie arrimée au pétrole, avec pour idée sous-jacente d’échapper aux restrictions imposées par les Etats-Unis. De l’autre, d’après The Telegraph, la banque centrale du Royaume-Uni étudie la possibilité d’émettre une monnaie virtuelle. Voyons donc un peu ce qui caractérise ces deux futures émissions puis ce que cela pourrait signifier pour l’ensemble du petit monde des crypto-monnaies. Dans cet article, nous étudierons ce qui caractérise l’émission du Petro, la crypto-monnaie vénézuélienne. Plus tard, un article complémentaire sera consacré au possible lancement, en 2018 ou 2019, d’un crypto-monnaie anglaise arrimée à la Livre sterling.

Au Venezuela, une crypto-monnaie pour relancer l’économie et contourner les sanctions

Le lancement prochain par le Venezuela d’une crypto-monnaie, le Petro, basée sur le pétrole a été annoncé le 3 décembre dernier par le Président Nicolas Maduro. L’objectif : redonner "une souveraineté monétaire" au pays en le sortant de la crise financière qui le touche actuellement. En défaut partiel de paiement selon plusieurs agences de notations, le Venezuela espère pouvoir stopper la perte de valeur de sa monnaie (le Bolivar) et relancer son économie. En 2017, le Bolivar avait perdu près de 97% de sa valeur d’échange face au dollar américain sur le marché noir.

En conséquence, déjà étouffé par la faible valeur du baril de pétrole en 2015 et 2016 et par les sanctions imposées par Washington, principal acheteur de son pétrole, le Venezuela a non seulement perdu des parts de marché mais il ne dispose même plus des fonds nécessaires pour investir et développer sa production. Le pays peine même à atteindre le quota de production fixé dans le cadre de l’accord de l’OPEP, ce qui peut sembler paradoxal pour ce pays sud-américain qui dispose d’une des plus grosses réserves de pétrole au monde.

Destinée à lever des fonds tout en contournant les sanctions américaines, la particularité de cette nouvelle crypto-monnaie est qu’elle sera soutenue par les réserves de pétrole, de gaz, d'or et de diamants du pays. Le champ un du site d’extraction d’Ayacucho servira de premier support à l’émission du Petro, les estimations de ses réserves étant de 5,342 milliards de barils pour une valeur de 267 milliards de dollars. Ce 8 janvier, le président Maduro a confirmé l’émission de 100 millions de Petro, chaque Petro ayant la valeur d’un baril de pétrole du Venezuela. Le lancement officiel est prévu pour ce 14 janvier. Nul doute que cette émission sera suivie de près par tous les régimes politiques qui font face à des sanctions commerciales ou financières.

Crypto-monnaies et régimes sous sanctions

Cette idée de contourner les sanctions américaines, ou internationales, grâce à l’usage de crypto-monnaies n’est pas neuve. Ainsi, en octobre dernier, Amir Hossein Davaee, le Vice-ministre iranien des technologies de l'information et de la communication, avait annoncé que l’Iran menait une étude afin de voir comment intégrer l’utilisation du Bitcoin à l’échelon national. Ici également, l’objectif est probablement d’arriver à contourner les effets des sanctions financières qui paralysent l'économie et l'industrie iranienne, suivant ainsi le chemin de la Corée du Nord.

La politique nord-coréenne relative au Bitcoin est cependant perçue par de nombreux analystes comme nettement plus agressive. Par exemple, en décembre dernier, la page technologie de CNN a publié un article liant les hackers nord-coréens à de nombreuses attaques portées sur des sites d’échanges du Bitcoin, ce qui est bien évidemment fermement nié par les autorités officielles nord-coréenne.

Le site spécialisé FireEye affirme cependant avoir identifié trois attaques contre des sites sud-coréens d’échange de crypto-monnaies, attaques qui auraient eu lieu entre mai et juillet. Selon FireEye, toutes trois seraient l’œuvre de pirates nord-coréens. La Corée du Nord pourrait donc être occupée à amasser massivement des Bitcoins et d’autres crypto-monnaies. Ces monnaies, non centralisées et difficilement traçables, lui permettant de fragiliser l’isolement du régime et le renforcement des sanctions internationales à son encontre tout en se procurant les denrées essentielles à sa survie. Cette volonté d’accumuler une monnaie décentralisée afin de contourner les impacts de sanctions économiques internationales est un cas sensiblement différent de celui du Venezuela où l’objectif reste la relance de l’exploitation des ressources économiques du pays.

Dans un article prochain, nous nous intéresserons à la volonté de certaines démocraties, comme l’Angleterre, de se lancer également dans la création de crypto-monnaies et nous verrons ce que ces différents cas de figures peuvent impliquer pour les crypto-monnaies décentralisées existantes.

Disclaimer : ce type d'investissements étant hautement spéculatifs, les divers contenus publiés ici ne constituent en rien une incitation à investir, ni une garantie de succès. Prudence donc. Et si vous décidez de vous lancer, ne le faites qu’avec des montants que vous pouvez vous permettre de perdre.

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