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Focus sur le hard fork du Monero et ses implications

Par Fred le 11/04/2018 (Monnaies)
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Le 6 avril dernier, la crypto-monnaie Monero (XMR) a subi un ‘hard fork’. Ce fork lance le protocole 12 qui introduit une variation dans l’algorithme de hachage CryptoNight, basé sur la preuve de travail, renforçant cette dernière. Ce changement n’est pas rétro-compatible, ce qui signifie qu’il rend inutilisable tous les hardwares de minage ASIC préexistants.

Côté sécurisation, ce protocole 12 augmente le nombre de signature requises dans le procédé cryptographique de sécurisation en Signature de Cercle (Ring Confidential Transactions), ce nombre passant au minimum de 5 à 7. De ce fait, il renforce également la qualité de la confidentialité de la monnaie.

Pourquoi un hard fork sur le Monero ?

La principale justification de ce dernier fork est fondée sur le développement et la diffusion de technologies hardwares de minage ASIC. Pour rappel, un ASIC (application-specific integrated circuit) est un circuit intégré fabriqué sur mesure afin de répondre de manière optimale à une certaine tâche, dans le contexte qui nous occupe, cette tâche consistant au minage d’une crypto-monnaie. Pour une large part de la communauté, ce type de système présente un risque important. On craint en effet que leur puissance de calculs ne permette aux mineurs ASIC de lancer des attaques par déni de service sur des mineurs non ASIC et des nœuds non miniers du réseau.

En n’étant pas rétro-compatible, ce fork rend obsolète toutes les machines ASIC spécifiquement dédiées au Monero actuellement en fonction, ce qui répond à l’inquiétude de la communauté mais ne fait évidemment pas plaisir aux firmes de matériel hardware qui produisent les ASIC, comme Bitmain ou Halong Mining. De ce fait, alors que les précédents forks avaient le support quasi unanime de la communauté, ce n’est pas le cas ici et on observe une nette division entre membres et mineurs.

En conséquence, certains utilisateurs continuent à utiliser la blockchain d’avant le fork, et donc le protocole 11 reste présent et actif.  Dans ce cas-ci, il est porté par cinq projets dont la volonté est de prolonger son utilisation : Monero Classic, Monero-Classic, Monero Zero, Moreno Original et MoneroC.

Pour résumer, le hard fork du Monero conduit à ceci :

Les différents projets de prolongation du protocole 11

Les déclaration et justifications des équipes à la base des projets prolongeant le protocole 11 peuvent se résumer comme suit :

  • Monero Classic (XMC) : sur le site web dédié à ce projet, on apprend que ce Classic ci émane d’un groupe localisé à Singapour. Leur credo est basé sur l’idée que le développement des ASIC est un processus sain qui, étant axé sur le marché, aide à la croissance. A l’opposé, un contrôle unilatéral supprimerait le besoin d’améliorer et d'innover. Ils n’ont donc pas l’intention de collaborer avec les autres projets, privilégiant la diversité et la décentralisation de l’ensemble.
  • Monero-Classic (XMC) : sur le site web dédié à ce projet, on apprend que ce Classic là, celui avec le tiret, aurait comme initiateur un nommé PZ localisé en Chine qui, d’une manière similaire au précédent projet, pense que « l'émergence de machines minières spécifiques à une crypto-monnaie est un phénomène normal de l’économie de marché ». De plus, cette inflation technologique aurait un intérêt dans la défense de l’intégrité de la chaine face aux attaques de botnets.
  • Monero Zero (XMZ) : sur le site du projet, on peut lire que, selon eux : « La preuve de travail de Satoshi est le seul mécanisme de consensus décentralisé. Les prétendus ‘mises à niveau de réseau’ mandatées de manière centralisée par le projet Monero sont un ‘Trojan horse’ conçu pour compromettre l'efficacité de la preuve de travail dans le réseau Monero. » Et donc, de manière grandiloquente, le site annonce que le Monero 0 n’est pas un fork mais bien le seul Monero authentique.
  • Monero Original (XMO) : selon son communiqué de presse, qui reste muet sur l’identité des concepteurs, le team annonce vouloir donner aux fans du Monero la possibilité de supporter le coin initial et de rester sur la blockchain originale. Notons que, concernant ce Monero Original, la plateforme d’échange HitBTC a indiqué qu'elle rendrait les balances XMO disponibles à tous les détenteurs de XMR au moment du hard fork.
  • MoneroC : un projet annoncé mais n’ayant pas encore d’informations disponibles en ligne.

Effets actuels de ce fork

Actuellement, après le fork du 6 avril, plusieurs problèmes subsistent : tout d’abord, les deux protocoles continuent à être minés en parallèle, ce qui divise la puissance de hachage disponible et ralentit la découverte de nouveaux blocs. Ceci devrait se résorber progressivement, au fur et à mesure que la communauté migrera vers le protocole 12 et que les projets soutenant le 11 perdront de l’importance.

Ensuite, le fait que le nouveau fork ne comprenne pas de protection contre la répétition (replay) pourrait être la source d’erreurs, en particuliers parce que les utilisateurs qui dépensent du XMR sur la nouvelle blockchain Monero pourraient involontairement dépenser les pièces équivalentes sur la blockchain d’avant le fork, et vice versa.

Enfin, le fait de déplacer des coins sur les deux blockchains révèle quelles pièces sont contrôlées par le même utilisateur, ce qui est un problème important pour ceux qui utilisent le Monero pour l’anonymat qu’il est censé procurer… Ces utilisateurs en particulier feraient bien de ne conserver qu’une des deux chaines et de délaisser complètement l’autre…

Au final, comme dans tout hard fork, il faudra attendre que la situation se stabilise quelque peu, et par exemple, que les projets pré-fork aboutissent ou disparaissent, afin d’y voir un peu plus clair. En attendant, on recommande la prudence, en particulier pour ceux qui attachent une forte importance à leur anonymat sur cette blockchain.

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