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Iran : pourquoi un ban des cryptos ?

Par Carole le 27/04/2018 (Législation)
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Le couperet vient de tomber : la Banque Centrale d’Iran (CBI) a interdit l’utilisation des crypto-monnaies en Iran. Alors que la monnaie nationale est au plus bas, les institutions financières ne pourront plus se tourner vers le Bitcoin et les altcoins.

L’utilisation des crypto-monnaies en Iran

Les cryptos ne sont pas les bienvenues en Iran, c’est ce que semble dire la dernière mesure adoptée par la Banque Centrale d’Iran (CBI). Cependant, la restriction de la CBI ne s’applique pas, pour le moment, aux particuliers mais touche les banques, les établissements de prêts et les plateformes d’échanges. Un coup dur pour ces institutions financières à une époque où les crypto-monnaies deviennent de plus en plus populaires.

Si la Banque Centrale d’Iran a pris une décision aussi tranchée, c’est pour plusieurs raisons. Elle avance que les crypto-monnaies sont utilisées pour blanchir de l’argent et supporter le terrorisme. Les échanges de devises numériques entre criminels sont également dénoncés.

Pour lutter contre l’utilisation des crypto-devises par des institutions financières en Iran, des sanctions seront appliquées. De quoi dissuader ceux qui seraient tentés de passer outre cette mesure. Et afin d’éviter que, face au recul de la valeur du rial, les citoyens d’Iran ne se tournent massivement vers les bureaux de change, une autre mesure a été prise par la CBI : celle de limiter la détention par personne à l’équivalent de 12 250$ de liquidités en devises étrangères.

L’ambivalente relation de l’Iran avec les crypto-monnaies

La Banque Centrale d’Iran avait déjà parlé de « contrôler et prévenir » ce qu’elle percevait comme « hautement peu fiable et risqué », à savoir les devises numériques. Néanmoins, ce repositionnement de l’Iran sur les crypto-monnaies reste assez étonnant compte tenu de précédentes déclarations de certains responsables et hauts placés iraniens.

On se souviendra ainsi de Mohammad-Javad Azari Jahromi, le ministre iranien des Technologies de l'information et de la communication, qui avait déclaré, en février 2018, que les cryptos pouvaient jouer un rôle positif en Iran et on avait entendu également les rumeurs de création d’une monnaie numérique iranienne, qui aurait été administrée par l’État. Rumeurs confirmées par le Ministre qui a annoncé que cette crypro à usage interne allait passer en phase de test. Mais alors pourquoi une telle décision de la CBI ?

Selon un membre du gouvernement, Mohammad Javad Azari-Jahromin, « L'interdiction faite par la banque centrale ne signifie pas une prohibition ou une restriction sur l'utilisation des devises digitales dans le développement intérieur. »

L’accord sur le nucléaire en filigrane ?

Outre le besoin de contrôler le cours du rial iranien, ce durcissement intervient à un moment important pour le régime iranien : le 12 mai prochain, le président américain Donald Trump devra confirmer, ou non, la prolongation de l’accord sur le nucléaire signé en 2015 par l’Iran avec une coalition d’états : Etats-Unis, Grande Bretagne, France, Allemagne, Russie et Chine. Cet accord avait levé les sanctions contre l'Iran en échange de la limitation du programme nucléaire par le pays.

Donald Trump s’est à maintes reprises positionné contre cet accord, qu’il avait appelé un « embarrassement » à la tribune de l’ONU en septembre dernier, ajoutant qu’il s’agissait d’ « un des pire et unilatéral accord auquel les Etats-Unis ait participé ». Et, dans cette position, il est appuyé par plusieurs faucons de son administration, dont Mike Pompeo, chef de la diplomatie, et John Bolton, conseiller à la sécurité nationale, ce dernier étant connu pour ses appels à bombarder l’Iran.

Une position américaine gênante pour les alliés des Etats-Unis qui tiennent à cet accord et se mobilisent pour convaincre Trump et son équipe tant de son utilité que de l’impossibilité de le renégocier avec succès. Une position que le président français Emmanuel Macron n’a d’ailleurs pas manqué de rappeler lors de son tout récent voyage diplomatique à la Maison Blanche.

De ce point de vue, il est plausible que l'annonce de la Banque Centrale d’Iran ait été publiée, au moins en partie, en prévision de la réintroduction des sanctions punitives, et ce afin que les Iraniens ne puissent massivement échanger des rials contre des crypto-monnaies, ce qui risquerait d’accentuer encore la dépréciation du rial.

Disclaimer : ce type d'investissements étant hautement spéculatifs, les divers contenus publiés ici ne constituent en rien une incitation à investir, ni une garantie de succès. Prudence donc. Et si vous décidez de vous lancer, ne le faites qu’avec des montants que vous pouvez vous permettre de perdre.

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